mardi 21 janvier 2014

Daniel Ameny, étudiant à Makerere University de Kampala


Rien chez Dan ne prouve qu’il est congolais : ni le ton  de son Anglais particulier aux Ougandais, ni le teint de sa peau plutôt très sombre, ni le choix de ses amis (tous Ougandais alors que dans les différentes cités de Kampala les jeunes congolais sont nombreux). Encore moins sa religion musulmane. Et pourtant, ce jeune et élégant homme de 23 ans, est bel et bien congolais. Je l’avais rencontré à l’Université Makerere  de Kampala où il étudiait les Statistiques.

 


Il est arrivé à Kampala depuis 1997 " dans un camion militaire de UPDF ", l’armée Ougandaise, venant de Kisangani, dans la Province Orientale. Sa sœur ainée venait de se marier à un soldat ougandais venu faire la guerre qui bouta Mobutu dehors en 1997.  Ils habitèrent  d’abord à Kampala, mais à la mort de son beau-frère, la seule alternative possible, vu qu’il n’avait pas des parentés sur place, restait d’aller dans un camp des refugiés.

 
 
 C’est alors qu’ils se dirigent alors vers le camp de Kyangwali, dans le district de Hoima, à l’Est de l’Ouganda, au bord du Lac Albert. Ses humanités terminées là-bas en 2000, il a le privilège de bénéficier d’une bourse d’études de HCR qui avait sélectionné des candidats lors d’une interview. " Nous étions douze mais seulement cinq furent choisis dans chaque camp des refugiés : quatre soudanais et moi, le seul congolais dans notre camp de Kyangwali ", dit-il avec fierté. Ainsi il poursuit depuis deux ans des études de statistiques à Makerere University, l’une des meilleures d’Afrique, laquelle est souvent classée parmi les 20 premières dans le top 100 annuels des meilleures universités africaines.

 


Interne au Lumumba Hall, il n’oublie pas pour autant ses amis restés au camp de Kyangwali : " ils me manquent beaucoup et je voudrais bien les revoir une fois les vacances arrivées ". Ce n’est pas que la vie au camp lui plaisait puisqu’elle lui rappelle les matins où il devait cultiver et ce jusqu'à 12h00. Et la boisson « bushera » fabriquée à partir de porridge. Pensif, il m’avoue : " Les gens n’aiment pas beaucoup la vie au camp, mais ils n’ont pas de choix. Comment voulez-vous que tous ces universitaires se retrouvant au camp n’aient d’autre alternative que de cultiver " ?

 


Dans un an, il aura bouclé ses études des statistiques. Il songe déjà à l’après-université. « J’aimerais bien rentrer au Congo dans deux ans mais vais-je trouver un travail ? » Il compte suivre des cours de français puisqu’il a complètement perdu cette langue et ne s’exprime qu’en anglais, swahili et luganda, langue locale.

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